Partagé le 7 octobre 2026 — Publié le 7 octobre 2026 — 3 min
Je m'appelle Christel, j'ai 59 ans, j'habite près de la mer sur la côte d'opale et j'ai perdu mon époux le 27 juillet 2026 d'un glioblastome.
Quelle est votre histoire avec le glioblastome ?
Tout a commencé un dimanche fin juin après une matinée sportive, Franck était cycliste aguerri... Ce matin-là, il a parcouru près de 200 kms avec quelques copains de club. La fatigue ne pouvait être que normale après un tel effort à presque 60 ans. En début de soirée les signes de fatigue extrême, auparavant bilan santé normal, sportif, alimentation saine, hygiène de vie correcte. Après une nuit, il part au travail, rentre fatigué, et les jours suivants la fatigue s'installe. Il décide de faire un break coté effort et consulte son médecin traitant, qui puisqu'il fait de l'apnée du sommeil lui recommande de consulter pour faire le point, ceci engendre cela… Les jours passent et des signes apparaissent, semblables à un AVC, jambe gauche trainante, bras gauche affaibli, et la fatigue de plus en plus s'installe. J+10 urgences hospitalières B, bilan sanguin, constantes, pas de scanner, l'urgentiste reste sur l'idée de l'apnée du sommeil. J+14 cette fois son état s'aggrave, on part aux urgences hospitalières C, prises de sang, scanner cérébral, H+1 le couperet tombe, masse cérébrale. Tout s'enchaine, IRM mais son état aussi. Biopsie envisagée au CHU L, le 20 juillet 2026. Retour au domicile le 21, l'état de santé se dégrade rapidement. Le 24 héliporté en urgence pour hémorragie intra craniénne, il décédera le 27 juillet. Un mois de descente aux enfers, pour lui, pour nous. Nous n'avons rien compris, aucun signe avant-coureurs. Un mur qui vous tombe dessus et vous êtes impuissant, comment et pourquoi ? Voilà nos questions, voilà ce qui nous ronge... Il allait avoir 60 ans le 7 aout et commencer une retraite progressive, tout n'était que bonheur et apaisement dans notre vie.
Qu’est-ce qui a changé dans votre vie ?
Nos vies ont changé, le vide, l'absence, le questionnement...Mes fils et moi-même faisons face à un miroir vide... Pourquoi ? Pourquoi lui ? Moi j'affronte cette vie seule et fade car j'ai cette chance de vivre. Mes fils adultes souffrent, leurs propres familles les aident, leurs esprits sont occupés par leur vie de famille, mais leur père, leur pilier n'est plus. Arrêts de travail pour les deux en état de choc après le décès.
Moi je fais style que ça va, mais c'est tellement dur dans une maison vide de sens, où personne ne vous parle le soir, le matin, le midi... Je commence une nouvelle vie triste mais nous sommes soudés heureusement.
Qu’est-ce qui vous aide à tenir ?
Je tiens pour mes enfants et petits-enfants, et surtout j'aime la vie pour lui et pour moi qui ai cette chance
Y a-t-il eu un moment marquant que vous aimeriez partager ?
Regarder la mer et ne pas penser.
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Avez-vous été inspiré par une personnalité ?
La mémoire de mon mari, lui rendre hommage chaque jour.
Qu’aimeriez-vous dire à d’autres familles ou personnes concernées ?
Chacun vit la maladie différemment. Garder espoir, être présent pour eux, et parler...
Et si vous deviez faire un vœu ?
Que le glioblastome ne soit plus, que l'on puisse donner de l'espoir aux malades et aux proches.
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