

Je suis Léa, j'ai 23 ans et j'ai été aidante de mon père décédé à l'âge de 53 ans d'un glioblastome il y a 2 ans. Je suis infirmière et j'habite à Toulouse.
C'était pendant les vacances de Noël, un voyage en famille en Irlande : mon père souffrait de céphalées depuis quelques jours, après une grosse erreur de diagnostic aux urgences de la part d'un médecin qui a minimisé ses douleurs et son état de confusion, il est tombé dans le coma le lendemain. C'est moi qui ai reçu le diagnostic de son cancer, seule à 20 ans, en devant décoder chaque mot d'une langue qui n'était pas la mienne. Non seulement je devais encaisser la nouvelle, mais je devais aussi la traduire, la porter, l’expliquer ; alors que moi-même je n'y croyais pas.
Nous sommes restés 3 semaines là-bas à ses côtés, il a pu être opéré et a ensuite été rapatrié en France. Il est décédé 1 an après.
Ma sœur, ma mère et moi n'avons eu aucun accompagnement de la part des différentes institutions médicales. Nous nous sommes senties très seules. C'est pour cette raison que je souhaite aujourd'hui témoigner, apporter mon soutien aux personnes et aux familles touchées par cette maladie.
Je me tiens disponible pour témoigner oralement face caméra, si mon récit peut contribuer à sensibiliser ou apporter un éclairage personnel sur ce que vivent les familles confrontées à la maladie.
Quand j'ai reçu le diagnostic, c'est comme si le ciel nous était tombé dessus. On ne s'y attendait pas, rien ne nous avait préparé à ça. Notre vie tout entière a été bouleversée.
J'ai toujours eu une personnalité très aventurière, curieuse et passionnée. Mais maintenant d'autant plus... demain ne nous est pas promis, tout ce que nous avons c'est aujourd'hui.
Et évidemment, je vis avec l'intime conviction qu'il m'accompagne partout où je vais.
Qu’est-ce qui vous aide à tenir ?
Votre association (que je suis de près sur les réseaux sociaux)
Mes proches
Et une phrase qu'il me disait souvent : "Il faut faire confiance à la vie ma puce".
Y a-t-il eu un moment marquant que vous aimeriez partager ?
Oui, notre chien est décédé la même nuit que mon père. La symbolique est forte, ils étaient très proches, c'est comme si sa mission sur terre était terminée : puis il l'a accompagné dans son dernier voyage.
Qu'elles ne sont pas seules.
Avez-vous été inspiré par une personnalité ?
Oui ! Charlène, qui partage son combat face au glioblastome sur Instagram. Je suis en admiration devant cette femme pleine de courage, de résilience et de joie.
Et si vous deviez faire un vœu ?
Il y en a tellement... Mais que l'espérance de vie si minime puisse être prolongée grâce à la recherche.
Témoignage recueilli le 20 octobre 2025
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