Espoir pour le glioblastome : mimer l’environnement tumoral in-vivo sur des mini-cerveaux artificiels

Espoir pour le glioblastome : mimer l’environnement tumoral in-vivo sur des mini-cerveaux artificiels, comment les cellules souches deviennent sources de médicaments innovants dans la lutte contre le glioblastome

 

On marche sur la tête dans les moyens alloués à la recherche en neuro oncologie

Il y a deux semaines, l’association Des étoiles dans la mer a été sollicitée par l’institut de génomique fonctionnelle dans le cadre d’un besoin de financement urgent. En effet, le microscope à fluorescence qu’ils utilisaient jusqu’à présent pour regarder les coupes de patients et des cultures de gliomes va déménager dans un autre institut et ne sera plus accessible probablement à la rentrée ou d’ici la fin de l’année. La décision est prise : le coût porté aux environs de 30000€ sera co-financé par les associations Des étoiles dans la mer et ARTC Sud.

L’équipe pluri professionnelle, au cœur de la recherche

L’équipe « plasticité cérébrale, cellules souches et tumeurs gliales » est une équipe INSERM-CNRS-CHU localisée à l’Institut de Génomique Fonctionnelle (IGF) à Montpellier et rattachée au CHU de Montpellier. C’est une équipe mixte composée à la fois de cliniciens (neurochirurgiens : Pr Dr Hugues Duffau, Dr Luc Bauchet, Dr Julien Boetto.  neurooncologue: Dr Amélie Darlix (ICM) et neuroanapath Pr Valérie Rigau), de chercheurs (Pr JP Hugnot, Dr ML Vignais) et d’étudiants.

L’équipe de recherche est entièrement dédiée aux tumeurs cérébrales gliales (gliomes, glioblastomes, astrocytomes, oligodendrogliomes) afin d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients, le traitement et le pronostic de ces tumeurs. L’équipe a notamment une spécificité chirurgicale pour les gliomes qui touchent les jeunes adultes et qui sont mutées pour un gène appelé IDH1. L’équipe s’intéresse aussi à l’origine de ces tumeurs en étudiant leur épidémiologie (Dr L Bauchet).

3 axes majeurs pour lutter contre les gliomes

Les recherches menées dans l’équipe se développent selon 3 axesAxe 1/  améliorer les techniques chirurgicales des gliomes par chirurgie éveillée  afin d’éliminer le maximum de la tumeur en réduisant les  dommages au  cerveau (Pr H Duffau). Axe 2/  déterminer comment les cellules souches de glioblastome échappent au bout d’un certain temps à la chimiothérapie (témozolomide, TMZ) en modifiant leur ressource énergétique (Dr ML Vignais).  Axe 3/ déterminer l’influence de l’environnement tumoral sur les cellules souches de gliome (Pr JP Hugnot). Concernant ce 3eme axe, en effet, il est maintenant bien établi qu’il ne faut pas seulement étudier les cellules souches cancéreuses mais aussi les cellules qui soutiennent leur survie et leur dissémination dans le cerveau. L’absence de la prise en compte de ces cellules de l’environnement tumoral est en partie responsable de nombreux échecs dans la mise au point de traitements.  Par exemple, les neurones du cerveau sont une source reconnue de facteurs de croissance pour ces cellules souches cancéreuses. L’environnement tumoral est aussi responsable de la “dormance” des cellules souches cancéreuses qui leur permet d’échapper au traitement. Pour étudier cet environnement tumoral et la dormance des cellules souches et ainsi mettre au point des nouveaux traitements, l’équipe développe une “biobanque” unique de cultures in vitro de cellules de gliome du jeune adulte mutées pour IDH1. Cette biobanque a d’ores et déjà permis d’identifier une molécule sécrétée par les vaisseaux sanguins qui réduit la croissance des cellules tumorales. Pour mimer l’environnement tumoral in vitro, ces cellules de la biobanque sont placées dans des mini-cerveaux artificiels de quelques millimètres qui ressemblent à un cerveau humain contenant des neurones et d’autres cellules de l’environnement. Le but recherché est de mimer l’environnement tumoral in vitro pour développer des médicaments innovants avec une bien meilleure probabilité d’être efficace chez les patients.

Photo de cellules de la biobanque: exemple d’une culture cellulaire d’un gliome muté IDH1 isolée d’une patiente de 22 ans

Article écrit par Jean Philippe Hugnot

Professeur Université de Montpellier

Equipe « Plasticité Cérébrale, Cellules souches, Tumeurs Cérébrales Gliales »

IGF- Institut de génomique fonctionnelle

INSERM U 1191 – CNRS UMR 5203

 

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